Nouvelle ère pour le nucléaire français

Le 4ᵉ Conseil de politique nucléaire (CPN), présidé par le Chef de l’État le 17 mars, a marqué un tournant décisif pour l’avenir énergétique de la France. 

1. Accélération du programme EPR2

Le CPN valide la construction de 6 nouveaux réacteurs EPR2 sur trois sites majeurs : Penly, Gravelines et Bugey, avec une première mise en service d’ici 2038.

EDF devra consolider sa maîtrise industrielle et présenter d’ici la fin de l’année un engagement précis sur les coûts et les délais. L’État assurera un suivi renforcé via la Délégation interministérielle au nouveau nucléaire, en collaboration avec le ministère chargé de l’énergie.


2. Sécuriser l’approvisionnement en uranium

Face aux tensions géopolitiques, la France engage une stratégie de sécurisation de son approvisionnement en uranium. Orano sera au cœur de ce dispositif via le développement de ses activités minières. Un plan d’action global a été validé afin de garantir la souveraineté à moyen et long terme sur l’amont du cycle.


Aperçu de l’image3.Modernisation de l’aval du cycle à la Hague

Le Conseil confirme la modernisation des installations de traitement et d’entreposage à La Hague, clé de voûte de la stratégie nucléaire française. Un projet de nouvelle piscine de stockage des combustibles usés est prévu, avec une mise en service fixée à 2040 pour répondre aux besoins du parc existant et futur (EPR2).

Orano pilotera ce programme en lien étroit avec EDF, le CEA et l’État, renforçant ainsi la maîtrise complète du cycle de l’uranium par la France.


4. Feu vert pour la fermeture du cycle nucléaire

Le Conseil relance la dynamique de recherche sur la fermeture du cycle nucléaire, via la technologie des réacteurs à neutrons rapides et la fabrication de combustibles à partir de plutonium et d’uranium appauvri.

L’objectif : atteindre une indépendance stratégique en limitant les importations d’uranium naturel à l’horizon de la seconde moitié du siècle.

Les industriels (EDF, Orano, Framatome) et le CEA devront présenter d’ici fin 2025 un programme détaillé et une proposition d’organisation industrielle.


5. Accélération des petits réacteurs modulaires (SMR)

Le Conseil salue le succès des projets France 2030 dédiés aux petits réacteurs modulaires et à l’innovation nucléaire. L’État s’engage à poursuivre activement son soutien via le Secrétariat Général pour l’Investissement (SGPI), avec comme priorité la mise en service d’un démonstrateur dès le début des années 2030.

Le CEA mettra à disposition des entreprises les données stratégiques des sites de Marcoule et Cadarache, pour favoriser l’implantation des projets les plus avancés.


6. Un cadre financier consolidé pour l’EPR2

Pour accompagner cette relance, l’État prévoit :
✔️ Un prêt bonifié couvrant au moins 50 % des coûts de construction des EPR2
✔️ La mise en place d’un contrat pour différence plafonné à 100 €2024/MWh pour sécuriser le prix de production

L’objectif est de finaliser les discussions avec EDF dans les prochaines semaines, avant une décision d’investissement prévue en 2026, en lien avec la Commission européenne.


🎯 En synthèse

En cohérence avec les ambitions du discours de Belfort de 2022 et la future Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3), le Conseil de politique nucléaire réaffirme l’importance stratégique du nucléaire pour une France souveraine, décarbonée et compétitive.


📄 Source officielle : Service de presse de la Présidence de la République – Communiqué du 17 mars 2025